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PRÆFATIO.



II.

De l’origine des Celtes ou Gaulois.

Les origines de presque toutes les Nations sont si obscures, que ceux qui ont entrepris de les rechercher ou de les expliquer, ne nous ont donné le plus souvent que l’incertain pour le certain, que le faux pour le vrai. Ceux qui se sont appliqués, soit Anciens, soit Modernes, à rechercher l’origine des Gaulois, n’y ont pas mieux réussi ; ou ils ne nous donnent que des fables et des mensonges, ou ils ne s’appuient que sur de pures conjectures. Ammien Marcellin assure que les anciens Ecrivains n’aiant rien de certain sur la premiere origine des Gaulois, nous en ont laissé une connoissance très-imparfaite, et où il reste la moitié des difficultés : mais ce qu’il en dit lui-même d’après Timagenes, Auteur Grec, ne nous rend pas plus savans. « Quelques-uns ont assuré, dit-il, que les Gaulois étaient nés dans les pays où ils sont, qu’ils ont été appellés Celtes du nom de leur Roi, et Galates du nom de sa mere : car le mot de Galates en Grec signifie Gaulois ; d’autres ont dit que les Doriens aiant suivi le vieil Hercule, avoient habité les lieux voisins de l’Ocean. Les Druides racontent qu’à la vérité une partie du peuple étoit née dans le pays, mais que d’autres aussi y étoient venus des Isles éloignées et des contrées d’au-delà du Rhein, contraints de quitter leurs pays à cause des fréquentes guerres qu’ils y avoient à soutenir, et à cause des violens débordemens de la Mer. Il s’en trouve qui disent qu’après le sac de Troye, une poignée de gens fuiant les Grecs qui étoient répandus partout, trouva ces lieux vuides, et y fixa sa demeure. Mais ce que les gens du pays assurent