Page:Remy - Les ceux de chez nous, vol 12, Batte les coqs, 1916.djvu/17

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plumes noires de l’autre. Mais le Neurai est plus traite et tout d’un coup, il donne un coup de bec près de l’œil du gros qu’on voit une boule rouge et une plaque de sang qu’on ne sait pas si c’est l’œil qui a sorti et qui pend. Et ça fait Bonapare si furieux qu’il vise bien et attrape l’autre dans la hanette avec un coup comme un fièrmint sur un bloquai, le bec entre dedans, la tête est comme coupée, le Neurai tombe, et crie un si laid coup dà !

A brait, à brait, çoula y est, que les hommes crient ; mais pendant qu’ils se disputent et se donnent des pièces de cinq francs, il m’faut aller faire une petite commission contre le mur, dans le thierry où j’ai vu que les autres allaient ; et pendant que je suis là, je vois venir L’Itâliyen, avec une figure qui fait peur ; il tient son coq par les pattes et la tête pend avec du sang qui goutte. L’homme va derrière la cormanne, il met la tête du coq à terre, et il commence à l’écraser à coups de talon en montrant ses dents et disant des sacrinoms qu’on ne comprend pas. Le pauvre Neurai vivait encore et voulait ôter sa tête, mais l’homme l’a toute sprâchie et a encore donné des coups de talon dans le corps et est parti. Quand j’ai repassé, tout dégoûté, le coq faisait encore aller ses pattes comme des mains qu’on ouvre et referme. J’étais tout malade en revenant près de Vix-Jean, qui me dit :

Les gendâres vinet d’arriver, mains l’affaire est foû à c’t'heure.

C’est vrai, voilà le brigadier et un autre gendarme avec leurs gros bonnets qui vient jusqu’aux yeux et leur petit fusil qui pend