Page:Remy - Les ceux de chez nous, vol 9, J'écris une belle lettre, 1916.djvu/9

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Halte, Trinette, pas celle-là. C’est une air trop trisse.

Bin justumint, j’ainme mi les trisses airs. On z’a si bon dè chanter ine pasqueye annoyeuse.

Djan ! une autre, Trinette, pas deux fois la même, c’est trop bête.

Elle se peigne maintenant, c’est si drolle, parce qu’elle a des cheveux pas beaucoup plus grands que ceux d’une petite fille. Et elle penche fort sa tête de côté en avant et pendant qu’elle peigne vite, vite, cela lui pend tout plat et reluisant comme une grande emplâtre de Bavière.

Manjor, superbe tambour,
De grâce ap . . . .

(Mais il y a un nouk dans ses cheveux et elle pousse le peigne fort, en faisant une grimace qu’on voit toutes ses dents.)

. . . . prenez-moi comme
Vous avez fait poû...

Elle s’arrête longtemps parce qu’elle doit faire sa ligne, et elle va tout doucement avec la pointe du peigne qui fait une petite rigole dans les cheveux bruns comme un couteau dans une doreye au côrin.

Devenir un si bel homme

Et ensemble nous crions le refrain :

Hââ !
Trou la la, trou la la, trou la trou la trou la laine.

pendant que mes talons attrapent le coffre en mesure.