Page:René de Pont-Jest - Divorcée.djvu/119

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— Si elle ne divorçait pas, je ne pourrais pas devenir son mari.

— Ça vaudrait mieux !

— Comment, vous, si collet monté, vous trouveriez préférable que la princesse restât ma… mon amie, plutôt que de devenir ma femme légitime !

Comprenant qu’elle venait d’amener la question sur un terrain dangereux pour elle, Mme Meyrin ne sut que répondre. Quant à Frantz, excellent cœur, soucieux avant tout de la paix, il affectait de ne pas vouloir se mêler à la discussion. Du regard, il conseillait à son frère de rester calme.

— Du reste, attendons, rien n’est encore fait, termina lâchement Paul. Lorsque la princesse aura divorcé, nous verrons !

Cela dit, laissant sa belle-sœur stupéfaire, il sortit brusquement.

Les époux Meyrin gardèrent quelques instants le silence, puis Barbe dit à son mari qui, prudemment, avait repris la lecture de son journal :

— Alors tu trouves cela tout simple ? Ta mère ne sera pas de ton avis, sois-en bien sûr.

— Ma chère amie, hasarda le musicien, la question est très délicate. Voilà une femme que nous recevons depuis près d’un an, dont nous avons accepté toutes les gracieusetés, que nous savions fort bien être la maîtresse de mon frère, et tu veux maintenant lui fermer notre porte, tout simplement parce qu’elle a l’intention, que nous lui supposons, de devenir sa femme légitime. Ça me paraît assez difficile !

— Mais vois-tu Paul épouser une femme plus âgée que lui, habituée à un grand luxe et déjà mère de deux enfants !

— Dont l’un est de celui dont elle veut faire son mari.

— C’est possible, quoique rien ne soit moins certain.

— Oh ! Barbe, Barbe ! Moi, je ne vois pas dans tout cela un aussi grand malheur pour mon frère. La princesse est plus âgée que lui, c’est vrai, mais de quelques mois à peine, et elle ne sera certainement pas à sa