Page:René de Pont-Jest - Le Serment d’Éva.djvu/149

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domestiques, tous les gens de la maison. Vraiment, cela est trop odieux ! Si son mari l’a trouvée ici, sur ce lit, c’est parce que je l’y ai apportée moi-même, il y a un instant, quand, attiré par le bruit sur le palier du premier étage, je l’ai aperçue qui fuyait, folle, défaillante, prête à rouler dans l’escalier, où elle pouvait se tuer. Vous ne me…

Ronçay ne put achever. D’une pâleur livide, les cheveux épars, mais une étrange résolution peinte sur le visage, Éva s’était élancée du lit, et d’une main elle lui fermait doucement les lèvres en disant :

— Ne me défendez pas plus longtemps, mon ami. Ces hommes feront de moi ce qu’ils voudront !

Gilbert pensa qu’il avait mal entendu ; mais celle qu’il aimait le regardait fixement, comme pour lui permettre de bien lire dans ses yeux que telle était sa volonté. Il baissa la tête.

Alors la jeune femme fit signe au commissaire de police qu’elle était à ses ordres.

— Ah ! vous ne niez donc plus ? lui demanda ironiquement M. Noblet.

L’épouse calomniée haussa les épaules et se dirigea vers cette même porte qu’elle avait franchie dix minutes auparavant dans les bras de Ronçay.

Son père, son mari et M. Garnier la suivirent.

Informée par le concierge, qui s’était empressé de monter pour l’avertir, que M. de Tiessant était entré avec ses compagnons dans l’atelier du sculpteur, chez qui Mme Noblet s’était évidemment réfugiée puisqu’elle n’avait pas traversé la cour, Mme Bertin