Page:René de Pont-Jest - Le Serment d’Éva.djvu/25

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II

Quand Éva fut un peu remise de son émotion, Gilbert lui donna la lettre d’audience, et elle se mit aussitôt à dévorer d’un regard fiévreux ces lignes que, réellement, elle n’avait jamais espéré recevoir.

Au fur et à mesure qu’elle en prenait connaissance, sa physionomie se transformait, la joie brillait dans ses yeux, le sang montait à ses joues pâlies, les forces lui revenaient, et lorsqu’elle eut tout lu et relu jusqu’au dernier mot, même le nom du signataire, elle demeura muette, immobile, comme accablée sous le poids d’un bonheur inattendu, immense ; mais cela ne dura qu’un instant. Bientôt elle se redressa et, saisissant la main du prince, elle y imprima, avant qu’il eût pu s’y opposer, ses lèvres brûlantes en s’écriant :

— Oh ! merci, Monseigneur, merci ! Que vous êtes bon ! Combien je suis heureuse !

Puis, se rapprochant de Ronçay et lui montrant du