Page:René de Pont-Jest - Le Serment d’Éva.djvu/317

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les émotions vives et tout effort violent, soit en marchant, soit en soulevant un objet. Elle pouvait prendre sa fille sur ses genoux, mais il lui était défendu de la porter. Elle ne devait pas non plus garder des fleurs dans sa chambre, même des roses, dès que les fenêtres étaient fermées.

Rien autour d’elle, enfin, qui surexcitât ni ses nerfs ni son cerveau. Surtout pas de lettres du dehors, sans qu’elles eussent été préalablement remises à Ronçay.

Bien qu’il se fût jeté dans les bras de la religion, ainsi que disait ironiquement Raymond, en ajoutant que la religion avait dû être peu flattée de cette étreinte-là, M. de Tiessant était toujours à craindre.

MM. Dartol et Rigal viendraient à tour de rôle tous les jeudis jusqu’à ce qu’il y eût amélioration notable dans la situation de leur intéressante cliente.

Gilbert, qui était forcé de se rendre fréquemment à Paris, en raison de ses engagements professionnels avec les Beaux-Arts, ne s’absenterait que du déjeuner au dîner, lorsqu’il verrait Éva en état de santé rassurant pour toute la journée. Le docteur, lui, ne partirait le matin qu’après être entré chez elle, et il reviendrait autant que possible coucher à la villa tous les soirs. Quant aux importuns dont la visite était à redouter, Pierre, qui connaissait les intimes de la maison, se chargeait de les consigner impitoyablement à la grille des Tilleuls.

Bernel ne se borna pas à ces dispositions générales ; il fit encore ses recommandations à chacun