Page:René de Pont-Jest - Le Serment d’Éva.djvu/352

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Si vous saviez les questions embarrassantes qu’elle m’adresse ! C’est cela qui augmente son mal, je le vois bien ! Vous comprenez si je la rassure autant que je le puis ! Mais que faire contre là jalousie ? Que lui dire ? Oui, le mieux est que vous ne quittiez plus la maison.

Ce jour-là, Mlle de Tiessant ne parut pas trop surprise que Gilbert ne partît pas pour Paris après le déjeuner, ainsi qu’il le faisait d’ordinaire, et comme pour suivre le conseil ou plutôt l’ordre du docteur Bernel, Mme Bertin et Jeanne demeurèrent toujours en tiers, l’une ou l’autre, avec les deux amants, ils ne purent donner essor à leur imagination maladive et n’échangèrent que des pensées calmes et consolantes. Aussi l’après-midi fut-elle bonne pour tous deux.

Le soir, en revenant à la villa, Raymond constata avec bonheur qu’Éva n’allait pas plus mal et qu’au moral elle était, ainsi que Ronçay, en bien meilleur état que la veille.

Le lendemain et les jours suivants, ce fut mieux encore ; Mlle de Tiessant n’eut, en soixante-douze heures, que deux accès vraiment douloureux qui nécessitèrent l’emploi de la morphine, mais elle put descendre dans le jardin, se rendre même au kiosque, où elle passa de longs instants à suivre des yeux, avec une joie d’enfant, les embarcations qui sillonnaient la Marne.

Le docteur attribuait tout naturellement cette amélioration sensible à la présence constante de Ronçay