Page:René de Pont-Jest - Le Serment d’Éva.djvu/373

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qu’elle a, maman ? Elle me fait peur. Petite mère, petite mère !

— Chut ! ne la réveille pas !

Et le docteur remit l’enfant aux mains de Jeanne, pour qu’elle l’emportât.

Éva demeurait à peu près immobile, sa vieille parente priait, Gilbert restait abattu dans son fauteuil, Raymond suivait, les sourcils froncés, les phases diverses de la fin de cette torturée de vingt-cinq ans à peine.

Plus d’une grande demi-heure s’était ainsi écoulée, lorsque des bruits de pas se firent entendre sur le sable du jardin, et quelques secondes après, la porte de la chambre s’ouvrit pour livrer passage à M. l’abbé Durier, que Pierre était allé chercher.

C’était un digne et saint homme qui n’ignorait rien de la situation irrégulière de Mlle de Tiessant, mais il savait aussi tout ce qu’elle avait souffert, il connaissait son pèlerinage au Vatican, la bénédiction que lui avait donnée Pie IX et, il arrivait les mains pleines de pardons.

Bernel le salua et entraîna Ronçay qui s’était brusquement levé de son siège, comme si l’apparition du ministre de Dieu lui causait un indicible effroi.

Mme Bertin, seule, resta avec le prêtre au chevet de la mourante.

Moins de dix minutes plus tard, l’abbé Durier reparut sur le seuil de la maison. Sa mission était terminée. Mlle de Tiessant avait reçu les derniers sacre-