Page:Renan - Histoire des origines du christianisme - 6 Eglise chretienne, Levy, 1879.djvu/197

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pas là de vrais membres de l’Église de Jésus. Ces sectaires se donnaient néanmoins le nom de chrétiens, et les orthodoxes en étaient désolés[1]. Il se passait, en effet, dans leurs conventicules, des abominations du genre de celles que les calomniateurs des chrétiens reprochaient aux fidèles, et cette usurpation de nom servait à enraciner dans la foule les plus déplorables préjugés[2].

Loin de montrer la moindre complaisance envers ces coupables mystères[3]. l’Église n’avait pour eux que de l’horreur. Elle y appliqua les plus forts anathèmes qu’elle put trouver dans ses textes sacrés. On se rappela ce qui est dit contre les nicolaïtes au début de l’Apocalypse[4]. Le nom de nicolaïtes, dans l’intention du voyant de Patmos, désigne probablement les partisans de saint Paul ; en tout cas, une telle désignation n’a rien de commun avec le diacre Nicolas, l’un des Sept de l’Église primitive de Jérusalem. Mais cette fausse identification s’accrédita de bonne heure. On mit sur le compte du pré-

  1. Justin, Apol. I, 4, 26 ; Dial., 35. Justin, sans affirmer leurs infamies, n’est pas fâché d’y laisser croire : οὐ γινώσκομεν.
  2. Irénée, Clément, Eusèbe, Épiphane, l. c. Cf. Justin, Apol. I, 26, 27 ; Tertullien, Apol., 7 ; Minucius Felix, Oct., 9 et suiv. ; Eusèbe, H. E., IV, vii ; V, i, 14.
  3. I Tim., i, 7 ; iv, 3. — I Tim., iv, 4-6, semble viser Saturnin.
  4. Voir l’Antechrist, p. 363, 365.