Page:Renan - Histoire des origines du christianisme - 6 Eglise chretienne, Levy, 1879.djvu/21

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l’architecture était étonnante, et il faisait de jolis vers ; mais son goût n’était pas pur ; il avait ses auteurs favoris, des préférences singulières. En somme, petit littérateur, architecte théâtral. Il n’adopta aucune religion ni aucune philosophie ; mais il n’en niait aucune. Son esprit distingué se balança toujours comme une girouette amusée à tous les vents ; l’élégant adieu à la vie qu’il murmura quelques moments avant sa mort,

Animula vagula, blandula,…


donne sa mesure. Toute recherche aboutissait pour lui à une plaisanterie, toute curiosité à un sourire. Même la souveraineté ne le rendit qu’à demi sérieux ; sa tenue avait l’aisance et l’abandon de l’homme le plus « ondoyant et divers » qui fut jamais[1].

Cela le fit tolérant. Il ne retira pas les lois restrictives qui frappaient indirectement le christianisme et le mettaient en perpétuelle contravention ; il les laissa plus d’une fois appliquer : mais personnellement il en atténua l’effet[2]. Sous ce rapport, il fut

  1. Semper in omnibus varius. Spartien, Adr., 14. Cf. Fronton, Epist. ad M. Aur. de feriis Als., 3 (Naber, p. 216).
  2. Méliton, dans Eus., H. E., IV, xxvi, 7, 10 ; Tertullien, Apol., 5 ; S. Jér., De viris ill., 19.