Page:Renan - Histoire des origines du christianisme - 6 Eglise chretienne, Levy, 1879.djvu/232

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public. On leur offrit de l’eau dans un verre coloré, pour qu’il fût permis de croire qu’ils avaient bu du vin de païen ; ils refusèrent[1].

C’est vers cette époque qu’on voit les écoles de casuistes le plus préoccupées des préceptes qu’on peut enfreindre pour éviter la mort et de ceux pour lesquels on doit souffrir le martyre. Les docteurs admettent généralement que, en temps de persécution, on peut renoncer à toutes les observances et s’en tenir à trois interdictions, l’idolâtrie, la fornication (c’est-à-dire les unions prohibées) et le meurtre[2]. On mit en avant ce principe assez sensé : « Résister aux ordres de l’empereur, c’est un suicide[3]. » Il fut admis que les pratiques du culte pouvaient être dissimulées ; au lieu de célébrer la circoncision des enfants avec fracas, on se contenta de l’annoncer par le bruit des moulins à bras[4]. On faisait remarquer, d’ailleurs, que, d’après Lévitique, xviii, 5,

  1. Talm. de Jér., Sanhédrin, iii, 5 ; Megilla, i, 6 ; Taanith, ii, 13 ; Schebiit, iv, 2 ; Talm. de Bab., Taanith, 18 b ; Pesahim, 50 a ; Megillath Taanith, 12 adar, et scholies ; Bereschith rabba, ch. 64 ; Sifra sur Lévit., xxvi, 19.
  2. Talm. de Jérus., Schebiit, iv, 2 ; Sanhédrin, iii, 6 ; Talm. de Bab., Sanhédrin, 77 a ; Maimonide, Hilkoth yesodé hattora, ch. v, §§ 1 et 2.
  3. Bereschith rabba, c. 81.
  4. Derenbourg, Mél., p. 170 et suiv.