Page:Renan - Histoire des origines du christianisme - 6 Eglise chretienne, Levy, 1879.djvu/341

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au troisième ciel[1], sa prétention de savoir sur Jésus des choses que les auditeurs de l’Évangile n’avaient pas entendues, la manière exagérée dont lui ou ses disciples comprenaient la divinité de Jésus[2] ! À Antioche surtout, le triomphe de Pierre était complet. Simon avait réussi à détourner le peuple de cette ville de la vérité. Par une série d’habiles manœuvres, Pierre amène une des victimes des sortilèges de Simon, à qui le magicien avait donné sa propre figure, à s’aller montrer au peuple d’Antioche. Quel est l’étonnement des Antiochéniens, quand ils entendent celui qu’ils prennent pour le mage de Samarie se rétracter en ces termes : « J’ai menti sur Pierre ; il est le vrai apôtre du prophète envoyé par Dieu pour le salut du monde. Les anges m’ont flagellé cette nuit pour l’avoir calomnié. Ne m’écoutez plus, si désormais je parle contre lui[3] ! » Naturellement, tout Antioche revient à Pierre et maudit son rival.

Le véritable apôtre continue ainsi ses voyages, suivant à la piste l’imposteur samaritain, et arrive sur ses pas dans la capitale de l’empire. Là l’imposteur re-

  1. Recogn., II, 65. Comparez aussi II Cor., xi, 14, à Recogn., II, 18 ; le σκεῦος ἐκλογῆς de Recogn., III, 49, à Act., ix, 15, etc. Notez aussi Acta Petri et Pauli, §§ 63-66.
  2. Homélies xvi, xvii, xviii.
  3. Homél. xx, 12-23.