Page:Renan - Histoire des origines du christianisme - 6 Eglise chretienne, Levy, 1879.djvu/394

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de chercher dans les archives de l’empire les registres de Quirinius[1], les actes de Pilate relatifs à Jésus[2], ils auraient eu de la peine à les trouver. Enfin, les écrits de la Sibylle et d’Hystaspe[3] leur eussent paru de faibles autorités. Ils eussent été surpris d’apprendre que les démons, effrayés du tort que ces livres allaient leur causer, avaient fait édicter la peine de mort contre ceux qui les liraient[4].

Il semble que Justin joignit à son plaidoyer des exemplaires de ces apologies apocryphes[5] et s’imagina qu’elles exerceraient sur l’esprit des Césars une influence décisive. Son espérance allait plus loin encore : il demandait que sa supplique fût communiquée au sénat et au peuple romain, en particulier que la fausseté de la divinité de Simon le Magicien fût reconnue et que la statue qu’il avait à Rome (quelque cippe de Semo Sancus) fut officiellement renversée[6].

  1. Apol. I, 34 ; Tertullien, Adv. Marc., IV, 7, 19.
  2. Apol. I, 35, 48.
  3. Ibid., 20, 44.
  4. Voyez ci-dessus p. 299. Il est probable que quelques chrétiens furent condamnés à mort pour le fait d’avoir possédé ces oracles, où la justice put voir des livres de sorts, comme ceux que l’on consultait sur la vie et la mort des empereurs. Il résulte, du reste, de l’Apol. II, 14, que la police exerçait une surveillance sur les écrits.
  5. Ch. 44 : ὡς ὁρᾶτε.
  6. Apol. I, 56. Cl. Apol. II, 14.