Page:Renan - Histoire des origines du christianisme - 6 Eglise chretienne, Levy, 1879.djvu/483

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CHAPITRE XXIV.


LE CHRISTIANISME DANS LES GAULES.
L’ÉGLISE DE LYON.


On crut un moment que la mort de Polycarpe avait mis fin à la persécution[1], et il semble qu’il y eut en effet un intervalle d’apaisement. Le zèle des Smyrniotes ne fit que redoubler ; c’est vers ce temps qu’il faut placer le départ d’une colonie chrétienne qui, partant probablement de Smyrne[2], porta d’un

  1. Mart Polyc., 1.
  2. Les preuves à cet égard sont : 1° que la lettre des Églises de Lyon et de Vienne, sur les martyres de 177 (Eus., H. E., V, i), est écrite en grec et adressée aux Églises d’Asie et de Phrygie ; il en fut de même des épîtres des confesseurs relatives au montanisme (ibid., V, iii, 4 ; 2° que la lettre desdites Églises au pape Éleuthère (ibid., V, iii et iv) est également en grec ; 3° que plusieurs des confesseurs de Lyon sont asiates ; 4° qu’Irénée fut prêtre, puis évêque de l’Église de Lyon, après la mort de Pothin (Eus., H. E., V, iv). Quant à l’assertion de Grégoire de Tours (I, 27) sur une mission donnée par Polycarpe à Irénée, c’est une hypothèse gratuite.