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BUCOLIQUES

Ils suivent le va-et-vient de maman Jeanne et ils rient quand elle dit :

— Je suis lasse comme un pauvre chien !

Des fois, ce qu’elle dit est moins drôle et ils se regardent avant de rire.

Mais elle prépare le feu du lendemain, donne encore un coup de balai et leur dit :

— Mes petits, moi je me couche ; éteignez la lampe pour que je me déshabille.

Pierre, d’une bouffée, souffle la lampe.

Maman Jeanne laisse tomber sa jupe par terre et, les pieds joints, elle sort avec adresse de ses sabots. Elle y rentrera pareillement demain matin. Elle n’aura qu’à se laisser glisser. Elle ne perd jamais son temps à les chercher et elle les trouve plus commodes qu’une descente de lit.

— Mes petits, dit-elle, je suis couchée, vous pouvez rallumer.

— Ce n’est guère besoin, dit Pierre ; moi j’aime autant ne pas rallumer.

— Comme vous voudrez, dit maman Jeanne ; tâche seulement, petite, de fermer la porte au verrou quand ton amoureux