Page:Renard - Huit jours a la campagne.djvu/12

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père a été un grand malheur. Georges s’incline. Ses propriétés ! il en a, de l’aplomb !


GEORGES.

Il n’a fait qu’exagérer un peu, et c’est bien naturel. Nous sommes tous fiers de notre village et moi-même, qui suis né à Paris, je m’en vante ; mais calmez-vous, madame, il ne me faut pas tant de terrain à parcourir ; au contraire, je déteste la marche, j’ai horreur de la chasse.


MAMAN PERRIER.

Ça se trouve bien, toutes les chasses du pays sont gardées.


GEORGES.

Je me contenterai d’aller m’asseoir avec une ligne au bord de la rivière.


MADAME PERRIER.

C’est une belle promenade.


MAMAN PERRIER.

Oui, il y a une trotte.


GEORGES.

Elle est loin, la rivière ?


MADAME PERRIER.

Oh ! tout près.


MAMAN PERRIER.

Tout près, à neuf kilomètres.


GEORGES.

Je n’en aurai, madame, que plus de plaisir à m’asseoir.

Marie Perrier entre par la grille.


Scène IV

Les Mêmes, MARIE.



MADAME PERRIER.

Voici ma fille, monsieur, qui revient de chez l’institutrice.


GEORGES.

Mademoiselle, mademoiselle… Marie, n’est-ce pas ?


MAMAN PERRIER.

Qu’est-ce que tu attends ? Monsieur t’interroge, réponds, au lieu de te cacher derrière mes jupes.


MARIE.

Oui, grand’mère ; oui, monsieur.