Page:Renard - Huit jours a la campagne.djvu/13

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MAMAN PERRIER.

Oui, quoi ? Monsieur te demande si tu t’appelles Marie. T’appelles-tu Marie ou Jacquotte ?


MARIE.

Marie.


GEORGES.

Je le savais, mademoiselle, je vous connaissais par votre petit nom. Mon ami Maurice ne fait que me parler de vous.


MADAME PERRIER.

Tu ne l’as pas aperçu, ton frère ?


MARIE.

Non, maman.


MADAME PERRIER.

Où diable peut-il être ?


MARIE.

Je n’en sais rien, je rentre tout droit de l’école.


GEORGES.

Vous terminerez prochainement vos études, mademoiselle ; ça manque de charme, hein ?


MARIE.

J’aime mieux aller chez mademoiselle Moreau…


MADAME PERRIER.

C’est son institutrice.


MARIE.

…Que de rester à la maison du matin au soir.


GEORGES.

Je vous comprends, mademoiselle.


MADAME PERRIER.

Elle dit ça, parce qu’à la maison elle aide au ménage.


MAMAN PERRIER.

Et mademoiselle trouve que c’est dur.


MARIE.

Dame ! on me fait laver les assiettes.


MAMAN PERRIER.

Et ça gâte tes mains fines. Ne faut-il pas que tu travailles comme tout le monde ? Te figures-tu, toi aussi, comme le monsieur, que nous sommes riches et qu’on te donnera une dot ?