Page:Renard - Huit jours a la campagne.djvu/21

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GEORGES.

Je le prends.


MADAME PERRIER.

Quoi ? Vous partiriez dans une demi-heure ? C’est fou.


GEORGES.

Oh ! madame ! vous ne connaissez pas maître Tabuteau. Il est terrible.


MADAME PERRIER.

Par exemple ! Voilà un tour ! Maman ! Hep ! hep ! maman ! Maman Perrier paraît sur l’escalier. C’est monsieur qui veut partir à présent.


MAMAN PERRIER.

Vrai ?


MADAME PERRIER.

Il vient de recevoir une dépêche.


GEORGES.

Lisez, madame.


MAMAN PERRIER.

Oh ! je m’en rapporte.


GEORGES.

On me rappelle à l’étude immédiatement.


MADAME PERRIER.

Pour une affaire urgente, dit-il. Hein ! croyez-vous, maman ? comme c’est fâcheux !


MAMAN PERRIER. Revirement.

Que voulez-vous, ma fille, les affaires sont les affaires. Je suppose que ce monsieur connaît les siennes mieux que vous.


MADAME PERRIER.

Sans doute, et je serais désolée s’il se gênait à cause de nous. Mais partir si vite ! Voyons, réfléchissez encore, monsieur ; télégraphiez à votre patron.


GEORGES.

Impossible, madame, je me fourrerais dans de beaux draps.


MAMAN PERRIER.

Nous n’insistons plus. À la bonne heure ! Voilà un garçon sérieux. Ah ! si Maurice était comme lui !


GEORGES.

Je n’ai aucun mérite, madame, mettez-vous à ma place.