Page:Renard - Le carnaval du mystère, 1929.djvu/33

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
25
le rail sanglant

faire halte enfin, et se pencher sur l’aiguille.

Harding, invisible au sein des ténèbres, l’observait. Il cria :

— Qu’y a-t-il ?

— Des pierres ! répondit Simonson. On a introduit des pierres entre les rails.

Il s’activait à les enlever. L’opération terminée d’un côté de la voie, il passa de l’autre et recommença.

— Ça y est ? fit Harding.

— Ça y est ! annonça Simonson.

Harding répliqua, toujours criant :

— Le levier ne fonctionne pas davantage ! Il y a autre chose !

— Je ne vois rien !

— Regardez mieux, par le Diable ! Nous n’avons plus que deux minutes !… Le levier ne bouge pas !

Mais quelqu’un qui se serait trouvé derrière Harding aurait vu qu’il n’exerçait aucun effort sur l’appareil.

— Regardez mieux, Simonson ! Dans le fond, il doit y avoir quelque chose qui coince ! Tâtez sous le rail mobile !

La sonnerie se prit à tinter. Un grondement naissait au bord du silence.

Simonson, nerveux, plongea ses deux mains dans l’entre-rail.

Alors Harding manœuvra le levier, qui bascula promptement. Et l’air fut déchiré par le