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le carnaval du mystère

cri abominable d’une bête humaine prise au piège.

Harding frissonna et, d’un geste brutal, supprima la lumière. Il n’avait vu qu’à peine l’horrible spectacle : Simonson hurlant, les deux mains saisies dans l’étau, et broyées, — Simonson fou de souffrance, immobilisé dans l’attente du train, qui le mutilerait mortellement, s’il ne l’écrasait pas !… Et cela, il valait mieux ne pas le voir.

Cependant, les hurlements du supplicié ne cessaient de s’élever. Harding n’avait pas prévu cette effroyable conséquence. Il s’était imaginé que tout se déroulerait dans l’obscurité, sans bruit… Ah ! Ce train, ce rapide, quelle tortue ! On l’entendait venir ; on voyait une lueur roussâtre, deux points de lumière ; mais tout cela semblait figé au fond du noir… Et les cris, les appels se succédaient affreusement, inutiles, bons, tout au plus, à inquiéter les chiens de prairie.

Harding se boucha les oreilles… Étrangeté ! Rien n’étouffait les cris de Simonson…

Le train se rua sur la station. Son vacarme foudroyant tonitrua. Une gifle formidable fit chanceler l’atmosphère.

Le criminel desserra craintivement l’étreinte de ses paumes…

Simonson hurlait toujours, n’est-ce pas ?

Oui, toujours.