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le carnaval du mystère

d’importance qu’à l’ordinaire, j’ouvris les bat­tants de l’appareil radiophonique et j’en manœu­vrai les boutons. Ce que voyant, Suzy s’empara d’un journal de T. S. F. et parcourut les pro­grammes du jour.

Jusqu’ici, rien que de très naturel. Le haut­ parleur fit entendre ses grincements accoutumés, ses crachements secs ; les chattes de l’invisible miaulèrent, rageuses ou narquoises. Sur les indications de Suzy, je cherchai l’accord d’ondes avec le poste de Toulouse.

Je me rappelle très bien qu’à cet instant, du fond du divan où il était assis, Régis fit cette observation :

— Pourquoi Toulouse ? Pourquoi un poste quelconque ? Qu’y a-t-il de plus pathétique que ces gémissements extraordinaires qui viennent on ne sait d’où ?… Oh ! ce cri de douleur ! Écoutez ça… Et ces tambours !…

Je me retournai, le sourire aux lèvres, lais­sant l’appareil divaguer, pour plaire à Régis.

C’est alors que soudain je lançai un « chut » impératif, pour obtenir de Suzy qu’elle cessât de lire à haute voix le programme de Toulouse.

Régis s’était levé. Immobiles, nous prêtions l’oreille au roulement sourd et cadencé qui sor­tait du pavillon. Un roulement, ma foi, singulier.

— Je te dis que ce sont des tambours !

— Tu es fou ! murmura Mme Maublanc.

— Écoutez, je vous en prie, lui dis-je,