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LE SYMBOLISME 9

rimes des idées humanitaires, créer pour les humbles une sorte d'assistance par la poésie. Mêlant les rumeurs de la foule à la cadence de leurs vers, ils prétendent assumer cette fonction de poètes civilisateurs où Lamartine et Hugo dépensèrent une part de leur génie exubérant.

C'est ainsi que les organisateurs d'un de ces congrès signalés plus haut se promirent d'étonner la France et l'univers par la ferveur de leur altruisme et s'écrièrent : « Nous voulons être des hommes enfin et parler à l'humanité. »

Vastes desseins comme il en éclot dans beaucoup de cervelles à l'âge des illusions. Toutefois ces velléités généreuses, il serait urgent de montrer qu'on est capable de leur donner corps. Car il ne suffit pas de rédiger des programmes grandiloquents ni de reléguer ses aînés dans le royaume des ombres pour changer la face de la littérature. Il faut aussi produire des œuvres.

Or, nous n'en découvrons pas chez ces jeunes gens qui soient susceptibles d'intéresser toute l'humanité comme ils le désirent. M. Saint-Georges de Bouhélier, chorège des naturistes, a publié des poèmes d'un lyrisme un peu brouillon, qui font espérer qu'il sera quelqu'un, mais qui ne présagent cependantpas un génie universel. M. Fernand Gregh, fondateur de l'huma-