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10 LE SYMBOLISME

nisme, a donné des vers de demi-teinte dont nous avons apprécié le charme un peu mièvre, d'accord en cela avec l'Académie qui les couronna. Quant à l'Ecole française, elle parle beaucoup dans les petites revues. Ce qui fait supposer qu'elle aura, un jour, quelque chose à dire.

Mais nous ne voyons pas poindre l'homme de génie qui, résumant et transfigurant toutes ces bonnes volontés éparses, dotera le xxe siècle d'une formule poétique nouvelle.

De divers côtés on le réclame, ce grand homme. M. Robert d'Humières, dans la préface de son intéressant recueil : Du Désir aux Destinées, le supplie de se manifester. M. Adophe Boschot, qui entreprit de réconcilier M. Sully-Prudhomme avec le vers libre, l'appelle de tous ses vœux : « Quand donc viendra, s'écrie-t-il, ce poète béni qui, maître de sa forme, fera chanter enfin une poésie vivante, dialogue spontané de son âme avec la nature, poésie diverse, souple, mélodieuse et rythmée qui ne soit pas tel article tenu par un spécialiste ? »

Nous ne nous étions pas encore aperçus que la poésie fût morte. Néanmoins l'advenue d'un tel poète est fort désirable. Mais n'oublions pas qu'il lui faudrait déployer une envergure considérable afin de tenir la place laissée vacante par la mort de Victor Hugo,