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la pièce est finie, point du tout : avant que les quatre voix aient repris, chacune pour son compte, et deux ou trois fois, le motif de l’inévitable fugue finale, les auditeurs ont bien pour cinq ou six minutes d’attente. Parfois même, ces répétitions portent sur des mots de nulle importance. Dans une messe à quatre voix d’homme, de Minard, les seconds ténors et les barytons lancent à trois reprises un retentissant Quoniam qui n’est suivi de rien. Imaginez des chanteurs répétant trois fois de suite, parce que, parce que, parce que et vous aurez une idée exacte du ridicule de la répétition de ce quoniam.

Je ne parle pas de la fausse accentuation du latin : que de fois, des syllabes atones reçoivent un accent musical qui peut défigurer le texte : le mot Conditor accentué sur la première syllabe signifie Créateur ; déplacez l’accent, mettez-le sur la deuxième syllabe ; aussitôt vous faites dire au chœur que le Père éternel est devenu pâtissier.

Le dernier, le plus grave et le plus fréquent manque de respect infligé au texte liturgique, c’est l’adaptation à ce texte d’une mélodie dont le sens détonne complètement avec celui des paroles. Un des collaborateurs de la Revue signalait, il y a quinze jours, l’exécution d’une messe où les flons les moins religieux illustraient le texte sacré. Dans beaucoup de paroisses, et, disons-le aussi, surtout dans des communautés et pensionnats, la musique religieuse est confiée à celui ou à celle qui chante le moins faux ou qui manifeste pour la musique des « dispositions » ; dès lors, le choix des morceaux en est livré aux plus extravagantes fantaisies. C’est un débordement de vrais ritournelles de cirque et, pendant l’office, il nous prend des envies de danser.

(À suivre)
Jean Vallas.
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L’abondance des matières nous oblige à renvoyer à la semaine prochaine la fin des RÉFLEXIONS MUSICALES de M. A. Mariotte.


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Un Interview Lyonnais

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Dans la Chronique musicale de la Revue du Nouveau Siècle (numéro du 5 novembre), nous trouvons une interview de notre compatriote et collaborateur G.-M. Witkowski, qui intéressera certainement nos lecteurs :

« … Nous nous en sommes consolé (de la création de la Tosca à l’Opéra-Comique), en songeant que l’Opéra nous prépare l’Étranger et en allant, dimanche dernier, entendre chez Chevillard la symphonie de Witkowski. On a besoin de temps en temps, pour croire à l’avenir de la vraie musique, au milieu de l’universel cabotinage des Léoncavallo et autres sous-Mascagni, de fortifier sa foi artistique par l’audition d’une œuvre à l’inspiration noble et soutenue, savamment écrite et solidement pensée. On éprouve une joie à cette création, que l’on sent issue d’un cerveau capable de réflexion, en même temps que d’émotion. Aussi, voulant avoir l’opinion d’un sincère et profond musicien, pour présenter à nos lecteurs un tableau récapitulatif des tendances qui se manifestent à l’heure actuelle, nous sommes-nous adressé tout naturellement à l’éminent compositeur. Aux yeux de M. Witkowski, la musique de théâtre est un genre inférieur ; son évolution est distincte de l’évolution générale de l’art musical et doit être étudiée séparément. En effet, elle n’est pas, comme celle de la Symphonie, exemple d’éléments étrangers, elle est intimement liée aux différentes étapes de l’art dramatique : tel drame, telle musique. Il y a plus, ses manifestations sont subordonnées à une foule de petites conditions matérielles, dont la perfection est difficile, sinon impossible à réaliser complètement : le décor, le jeu des acteurs, la figuration, en un mot,

tout l’appareillage scénique, sans parler de