Page:Revue de l'art ancien et moderne, juillet 1906.djvu/455

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LA REVUE DE L'ART victimes ne pourraient nullement se fâcher, dans tous les reportages qu'il fit pour le Gra- phie, l'Illustration, d'autres publications, mais aussi dans dans ce livre d'or de l'Expo- sition de 1900 où il nota, hommes et choses, les fastes de la grande foire parisienne. Vous la trouverez surtout dans l'album qu'il a con- sacré, en 1905, au 75mc anniversaire de l'Indépendance belge et à l'Expo- sition de Liège. Cet album est une oeuvre collective : à côté de Renouard. M. Noël Dorville et plusieurs artistes belges, notamment MM. Khnopff, Henri Meunier, Gustave Flasschoen, Fernand Toussaint, y ont collaboré. Mais c'est Renouardqui a dessiné le plus grand nombre de planches. C'est lui qui a donné à l'ouvrage son véritable caractère. Il a merveilleusement mis en lumière le pittoresque particulier de ces fêtes, ce qu'elles avaient de foncièrementbelge en leur cordialité décorative et parfois un peu osten- tatoire ; il a fait vivre les foules joyeuses et fîères de la prospérité natio- nale, qui s'agitèrent en ces journées festives dans les rues et sur les places de Bruxelles, de Liège et d'Anvers. Et, d'autre part, il a su fixer en leurs attitudes solennelles ou familières les personnages caractéristiques en qui s'incarne cette Belgique opulente, industrielle et «expansionniste», oui célébrait en 1905 sa prospérité. C'est toute une psycho- logie du pays que cet album où les physionomies du roi et des grands usiniers représentent si heureusement les tendances nouvelles d'un pays que l'esprit écono- mique gouverne de plus en plus exclusivement, tandis que telle silhouette de garde civique ou de magistrat communal symbolise l'aspect provincial et bon enfant des Pays-Bas d'il y a soixante-quinze ans. Et tout cela est vu de cet oeil sympathique et narquois qui est la caractéristique de Paul Renouard. Ce goût de la vie et de la vérité simple qu'il mettait dans ses études de mouvementset de gestes, dans ses visions de la rue et de