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26 REVUE DE MÉTAPHYSIQUE ET DE MORALE.

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ballons pleins de liquide en un long tube effilé et sinueux et les poussières, après refroidissement, ne pouvaient s’engager bien loin le long des parois humides. On montre encore aujourd’hui à l’École normale des ballons ainsi préparés contenant des liquides restés intacts après trente ans de conservation. Une objection que ses adversaires ne lui firent pas, mais que Pasteur se fit à lui-même, c’était une action possible de l’ébullition des liquides. En tirant directement ses milieux de l’organisme vivant avec les précautions nécessaires, il vit l’urine prise à la vessie, le sang puisé aux veines se conserver sans traces d’altération. Il était donc bien établi qu’en écartant les germes, il n’y a pas de génération spontanée possible. Mais d’où viennent ces germes qui pullulent dans les infusions organiques

? Il semble indubitable après tout ce que nous avons vu que 

ces germes viennent de l’air. Pasteur va nous démontrer Ie qu’il y a des germes dans l’air ; 2° que ces germes sont féconds et capables de produire tous les effets attribués à la génération spontanée. 11 pratique dans le châssis d’une fenêtre une ouverture donnant passage à un tube de verre renfermant une bourre de coton. L’une des extrémités, du tube donne dans la rue, l’autre communique avec un aspirateur. Quand l’air extérieur a passé pendant un certain temps, il retire la bourre de coton salie par les poussières qu’elle a arrêtées et la plonge dans un mélange d’alcool éthéré qui dissout le coton. Il évapore, et le résidu délayé dans l’eau est examiné au microscope. Au milieu des particules amorphes abondent les corpuscules organisés.

Mais s’il y a là des germes, tous ces corps ont été détruits dans l’opération ; il s’agit de démontrer qu’ils sont féconds. Nous avons vu tout à l’heure qu’en écartant soigneusement les poussières de l’air et tout organisme préexistant, un liquide altérable comme l’urine peut rester intact pendant des mois ou des années. Quand l’observation aura été poussée assez loin et aussi loin que l’on voudra, faisons tomber dans le liquide, par un artifice expérimental approprie, une bourre de coton comme celle dont il vient d’être question ; immédiatement l’urine entrera en putréfaction. Voilà la contrepartie de l’expérience initiale. Mais il y a encore une objection possible. La bourre de coton introduite dans le milieu est une matière organique ; on peut l’accuser de provoquer l’apparition des êtres au sein du liquide. Pasteur la remplacera par un vrai coton minéral, comme l’amiante, et le résultat ne variera pas.