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VARIÉTÉS.

grotte naturelle dont on ne saurait trouver la fin après quatre lieues de marche, et dont les grandes salles sont bourrées de grands crocodiles et d’une certaine pâte résineuse, où l’on a jeté pêle-mêle et à profusion des oiseaux, des grenouilles, des serpens et de petits crocodiles à peine éclos ; mélange bizarre, qui prouverait assez que ces animaux étaient traités tout autrement que ne le sont les divinités. J’en envoie un échantillon, dans deux petites boîtes, à M. Darcet. Le second point que je pense avoir vérifié est que l’Égypte est un foyer de peste spontanée, j’oserais presque dire l’unique foyer qui soit au monde. Outre les vingt-cinq lieux de sépulture habituels que le Caire renferme dans son intérieur, il a, de plus, un quartier de deux ou trois cents maisons, lesquelles ont un, deux, trois, quatre, jusqu’à huit caveaux remplis de morts, et sans cesse alimentés par les décès journaliers. Ajoutez-y une fosse comblée de plusieurs centaines de cadavres. Jamais pays ne fut naturellement plus salubre ; jamais pays n’est devenu, par la bêtise de l’homme, plus sale et plus dangereux : et je persiste toujours à croire que l’ancienne Égypte n’ayant point connu la peste, l’Égypte moderne ne la connaîtrait pas davantage, si elle reprenait les premiers usages, ou adoptait quelques usages équivalens. Un de nous est parti pour Smyrne et Constantinople. J’oserais répondre d’avance qu’il trouvera la confirmation de ce qu’on dit à Paris et ailleurs, savoir que la peste ne vient pas d’elle-même, et qu’elle y est toujours apportée par les navires ou les caravanes de l’Égypte. Toute la Syrie ne pense pas autrement par rapport à elle-même. Enfin, nous verrons. Dans tous les cas, je crois me rendre justice en soutenant que la recherche qui m’occupe est très-digne d’occuper les meilleurs esprits, et même, avant tout, la sollicitude des gouvernemens. À l’égard des chlorures, c’est une chose démontrée pour nous, qu’ils décomposent tous les virus, au moins tous les virus animaux. Je me prépare à faire, sur