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ARCHIVES GÉOGRAPHIQUES.

finitivement établies à demeure fixe dans des villes et des villages qu’elles ont construits, par ordre du roi régnant, sur les terres qu’elles occupent depuis long-temps en vertu de concession. À l’égard de la Perse orientale, nous remarquerons que MM. Christie et Pottinger ont trouvé dernièrement couverts de villes et de villages, ou parcourus par de nombreuses tribus nomades, de vastes espaces que les géographes regardaient depuis long-temps comme la continuation des déserts qui couvrent une partie si considérable de cette région. Nous croyons donc qu’on ne trouvera pas exagérée la population de 6 millions que nous avons donnée au royaume actuel de Caboul. Elle est sûrement plutôt au-dessous qu’au-dessus de sa population réelle que, contre toute probabilité, nous voyons réduite à 3 millions, par le savant M. Stein, et par plusieurs autres géographes.

Depuis la moitié du dix-huitième siècle, les voyageurs et les gouvernemens européens qui dominent sur l’Inde ont rassemblé et rassemblent continuellement des matériaux pour rédiger la statistique de cette vaste contrée. Les géographes et les statisticiens ont dressé depuis plusieurs années des tableaux détaillés de la population de ses villes, de ses districts, de ses provinces et de ses royaumes ; mais au milieu de cette richesse illusoire de matériaux, le géographe se tromperait fort s’il croyait avoir les moyens de déterminer avec précision le nombre des habitans de l’Inde. Les cent millions que lui accordait Süssmilch, et les éva-