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VOYAGE AU JAPON.

Le lendemain à deux heures après-midi, un détachement de deux cents gardes arquebusiers du palais, conduit par un maître des cérémonies, vint pour me chercher. On me fit monter dans une litière élégamment ornée. Après une heure de marche, j’arrivai près d’un fossé d’où s’éleva subitement un pont, qui fut baissé peu après sur un signal du commandant de mon escorte, et je vis sortir un officier, lequel, après avoir échangé quelques paroles avec ce commandant, frappa à une très-forte porte de fer, qui, en s’ouvrant, me laissa voir deux files de deux cents arquebusiers environ, à travers lesquels je fus conduit par leur capitaine à un autre fossé où il y avait aussi un pont-levis ; je fus admis dans cette seconde enceinte avec les mêmes formalités, d’où, avec de très-courtoises cérémonies, je fus mené jusqu’à un des corridors du palais qui aboutissent à un immense vestibule où étaient plus de mille soldats de diverses armes. De là, je traversai neuf pièces ou salles, changeant d’introducteur à chaque salle, et ayant les yeux éblouis de la splendeur de l’ameublement ; tout brillait d’or et d’un vernis éclatant. Il me sembla que, dans quelques détails, il y avait plus de pompe et d’apparat dans les cérémonies à la cour du prince. Toutefois la résidence de l’Empereur annonçait plus de puissance, mais aussi plus de ces précautions qui indiquent la crainte. Peut-être cela est-il la suite d’un usage introduit par les révolutions sanglantes qui ont eu lieu dans cet empire, où l’ordre de la succession au trône est quelquefois interverti. Peut-être aussi l’Empereur, qui