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REVUE. — CHRONIQUE.

siécle qui se dit humain et civilisé, la peine de mort en matière politique subsiste dans nos Codes et puisse être encore appliquée ? Comment cette révolution de juillet si clémente et si généreuse n’a-t-elle pas au moins abrogé des lois qui se vengent ainsi, et frappent irrévocablement des hommes d’honneur égarés, elle qui voulait d’abord épargner les jours des vrais criminels, elle qui devait faire grâce de la vie à tous, même aux parricides, comme Benoît !

Cependant, jusqu’à ce que justice soit faite de cette barbarie de notre législation, vienne du moins, vienne au plus vite l’amnistie. Qu’elle soit le premier acte de ce ministère qui se forme ou se recompose en ce moment sous les auspices de M. de Talleyrand. Qu’elle inaugure et signale l’avènement de la nouvelle administration qu’on nous prépare. Que l’on se hâte d’oublier. Il ne faut pas attendre pour cela la révision des arrêts par la Cour de cassation, ni le retour du duc d’Orléans de son voyage dans les départemens, ni l’anniversaire des journées de juillet, ni le mariage de la princesse Louise avec le roi Léopold, ni la réunion des chambres. Ce serait trop long. Depuis assez de temps déjà la hache est suspendue sur la tête des condamnés. Que l’on se hâte d’être indulgent. La réconciliation des partis entre eux est possible encore. Mais que l’on se hâte.

Nous avons sommairement exposé notre situation extérieure et intérieure. Enregistrons maintenant dans notre Chronique le petit nombre d’événemens littéraires qui ont su se faire place au milieu des graves préoccupations politiques de la quinzaine. En fait de nouveautés théâtrales, deux notables représentations ont été données, l’une à l’Académie française, l’autre à l’Académie royale de musique. Suivons l’ordre de leurs dates et commençons par la réception de M. Jay ; nous parlerons ensuite de la Tentation.

Nous remercierons d’abord de sa bienveillante attention M. le secrétaire perpétuel qui, pour nous ôter sans doute toute chance de l’entendre, avait jugé convenable de nous exiler dans je ne sais plus quelle lointaine tribune de l’Ouest ou du Nord, plus charitable, un de ses confrères a bien voulu nous gratifier