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REVUE SCIENTIFIQUE.


ACADEMIE DES SCIENCES.




DEUXIEME TRIMESTRE. MOIS DE MAI.


M. Magendie demande qu’une commission prise dans le sein de l’Académie soit chargée de faire le plus promptement possible une analyse de l’air, afin de s’assurer si la composition de ce fluide dans les lieux où sévit maintenant le choléra, est encore la même qu’avant l’invasion de l’épidémie.

L’Académie, prenant cette demande en considération, charge une commission, composée de MM. Thénard, Gay-Lussac, Chevreul et Serrullas, d’analyser l’air pris en différens points de la ville, et de lui rendre compte des résultats obtenus.

M. Flourens lit un mémoire sur la force de contraction des veines principales dans la grenouille.

Les physiologistes ont depuis long-temps remarqué dans certaines veines un battement en rapport avec les contractions du cœur, et auquel ils ont donne le nom de pouls veineux. Haller et Lamur, qui s’en sont occupés presque en même temps, ont montré qu’il dépend du refoulement du sang de l’oreillette droite dans les veines iliaques et jugulaires, et de celle-ci dans les sinus du cerveau : c’est donc un mouvement purement passif ; mais dans la grenouille, et probablement dans tous les batraciens, il existe un autre pouls veineux qui, ainsi que l’a reconnu M. FÎourens, est un mouvement actif, dépendant des contractions des veines elles-mêmes. Nous allons indiquer brièvement les expériences qui mettent ce fait hors de doute.

Si l’on met à nu sur une grenouille le cœur et la veine cave inférieure, on remarque sur cette veine qui s’étend des reins au foie, et du foie à l’oreillette, un battement constant, tant au-dessus qu’au-dessous du foie. Ce battement, qui répond aux contractions de l’oreillette, n’en dépend cependant point, car il persiste, 1° quand on a appliqué une ligature sur la veine cave (la veine continue à battre au-dessus comme au-dessous de la ligature) ; 2° quand la veine a été vidée de sang ; 3° quand l’oreillette et le cœur ont été complètement enlevés.