Page:Revue des Deux Mondes - 1832 - tome 7.djvu/268

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quelqu’autre cause de collision, il faudra bien, de force ou de gré, que le pauvre monarque se résigne et succombe enfin sous le nombre des protocoles.

Ce qui donne au surplus, rien n’est plus certain, si grande confiance au roi de Hollande, ce qui l’encourage et le fortifie surtout dans ses résistances, c’est, son alliance avec la Russie, c’est la protection qu’il attend d’elle. Il aurait tort, cependant, de trop compter sur cet appui. L’épée du czar pèse moins aujourd’hui ; probablement elle ne ferait plus pencher de son côté la balance politique. C’était un fer mal trempé. Voyez comme il s’est èbréché seulement pour frapper la Pologne. Voyez aussi quelles félicitations recueille Nicolas, à propos de cette funeste victoire, qui lui a coûté tant d’armées. Voyez, comme en plein parlement, à la face de l’Europe, vient d’être traité l’autocrate par les membres les plus éloquens et les plus honorables de la chambre des communes d’Angleterre. Donc, non-seulement il ne s’agit pas maintenant pour cet empereur de venir aider ses amis, au centre de l’Europe, mais encore il faut qu’il soit même prudent chez lui. Il ne faut point qu’il achève d’égorger Varsovie et d’épuiser ce qui reste du sang généreux de la Lithuanie : on ne le laisserait pas faire, au moins. À notre défaut, et c’est une grande honte pour nous, l’Angleterre se charge de le lui défendre, et s’empare de cette mission qui nous appartenait et que notre gouvernement a désertée. Lord Durham part pour Saint-Péterbourg ; il y va plaider une cause bien belle et qui, certes, était tout-à-fait du ressort du maréchal que nous avons là comme ambassadeur. Le moins que puisse obtenir le plénipotentiaire anglais, c’est assurément que les traités de 1815 soient exécutés au profit de la Pologne. Jusqu’à ce que le jour de la complète indépendance se soit levé pour elle, ce sera quelque chose.

Revenant de la Russie, si nous traversons l’Allemagne, nous n’y passons qu’au milieu de peuples qui, certes, auraient aussi grand besoin que quelque puissante intervention vînt protéger leurs droits et leur liberté. Les persécutions des petits princes contre la presse et les assemblées fédérales n’ont pas en effet discontinué. La confédération prépare même, à ce qu’il semble, des