Page:Revue des Deux Mondes - 1832 - tome 7.djvu/269

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mesures générales, et s’apprête à couvrir tout le sol germanique d’un roseau bien serré de despotisme et de censure. Qu’importe ? On verra si la pensée n’en sait pas, sinon briser d’abord, au moins ronger bientôt les mailles les plus solides.

En Italie, où le pouvoir se trouve également en lutte avec l’esprit du siècle, le Vatican a remonté ses batteries spirituelles, et lancé récemment des foudres ; en d’autres termes le pape vient d’excommunier Ancône, on ne dit pas précisément, si c’est y compris ou non compris notre garnison. En tout cas, l’excommunication est une arme bien vieille et qui doit être bien rouillée. On ne s’en était, il est vrai, guère servi depuis l’invention de la poudre. Quel qu’en puisse être l’effet, pour maintenir son autorité, le Saint-Père fera mieux de compter sur les fusils de ses soldats et sur les canons de l’Autriche.

Hors de l’Europe, le grand-seigneur a fait seul au moins et plus habilement rentrer, sous le joug, ses provinces révoltées. Ibrahim s’est laissé battre complètement en Syrie, par les troupes de Mahmoud, et voici que ce sultan novateur, qui ne paraît pas pourtant avoir encore réformé le cordon, envoie solennellement un ambassadeur demander au pacha d’Egypte sa vieille tête.

Mais passons par Alger, où notre domination s’étend et se régularise, où notre colonie prospère et se fortifie sans la ferme administration du duc de Rovigo ; puis, hâtons-nous de rentrer en France, car la France est bien belle en ce mois de juillet. Elle n’est plus transie de froid, ainsi qu’elle était à la fin de juin. Oh ! non ; elle a mis ses habits d’été. Voyez-vous comme elle s’est parée de fleurs, comme elle respire avec délices son vent tiède et parfumé, comme elle regarde avec amour son ciel pur. Et puis le soleil mûrit ses fruits et ses blés. Déjà ses moissons se commencent heureuses et abondantes et des vendanges aussi heureuses, aussi abondantes, lui sont promises. — Oui, je vous le dis, la France est bien belle en ce moment.

Ce n’est cependant pas assez. Ne faudrait-il pas aussi que le choléra se décidât enfin à nous quitter. Il n’y paraît, néanmoins, nullement songer. Loin de là. Voici qu’au contraire les gazettes