Page:Revue des Deux Mondes - 1834 - tome 2.djvu/553

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LE SOUPER CHEZ LE COMMANDEUR. 547 LE COMMANDEUR. Viens, don Juan ! L’enclos du commandeur. — Toutes les statues sur leurs piédestaux. PREMIÈRE STATUE. Avouez que c’était un magnifique enjeu. Anna contre don Juan ; la partie était belle, Et long-temps a penché pour l’archange rebelle. Elle est gagnée enfin et tout retourne à Dieu. DEUXIÈME STATUE. L’enfer pleure et gémit, le ciel est calme et bleu, La terre se réveille, et la troupe fidèle Chante son hosannah ! Satan, à tire d’aile, Regagne tout confus ses royaumes de feu.’ TROISIÈME STATUE. Comme il va se venger sur sa triste famille î Comme il va séparer la mère de la fille, Le frère de la sœur, la femme de l’époux ! QUATRIÈME STATUE. Que d’ames vont se fondre en pleurs intarissables ! CINQUIÈME STATUE. Oui, le joueur qui perd rend les siens responsables. SIXIÈME STATUE. Compagnons de Satan, trois fois malheur à vous ! Don Juan et le commandeur sortent du sépulcre. DON JUAN. Salut, terre ! salut ! comme te voilà fraîche et renouvelée ! comme tes vallons aspirent la vie à pleins calices, comme ta belle gorge frissonne, ondule et palpite sous sa triple ceinture de par.