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ELEUSIS.




I.


Du haut des blancs parvis de Cérès Eleusine,
Le peuple s’écoulait jusqu’à la mer voisine ;
Des adieux se mêlaient aux clameurs des nochers ;
Les tentes se pliaient au loin sur les rochers ;
Trois vaisseaux, couronnés de fleurs, de bandelettes,
Les jeux étant finis, emportaient les athlètes
Par un chemin antique, assis dans leurs grands chars,
Gravement revenaient les riches, les vieillards,
Et les vierges d’Attique aux corbeilles fleuries
Marchaient par la campagne en longues théories.

Quand nul ne resta plus du vulgaire joyeux
Dont les rites divins ne frappent que les yeux,
Des hommes désireux d’enseignemens austères,
Et par de saints travaux préparés aux mystères,
Se levant tout à coup au bord des bois sacrés,
Du temple, avec lenteur, franchirent les degrés.
Ils marchaient deux à deux, vêtus de laine blanche,
Les pieds nus, et le front ceint d’une verte branche ;
Tous avaient dans l’eau pure, à l’ombre des forêts,