Page:Revue des Deux Mondes - 1841 - tome 27.djvu/423

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vien agitée tour à tour par Néodémie et Faustine, pour nous occuper d’évènemens politiques. Le gouverneur de la Numidie, Capelien, n’a pas voulu reconnaître les nouveaux empereurs. Il s’est avancé à marches forcées sur Carthage pour la surprendre pendant que les habitans assistent à des jeux magnifiques que leur donnent les Gordiens. Aux portes de Carthage, un combat décide de l’empire ; Antonius est tué, ses troupes vaincues, et le vieux Gordien, avant de se donner la mort, ordonne à Flavien de partir pour Rome avec son petit-fils, qu’il doit présenter au sénat comme l’héritier légitime de l’empire. Voilà Flavien embarqué ; le vaisseau qui le conduit à Rome porte aussi Néodémie, qui, dans le trouble général causé par l’apparition de Capelien, a quitté le palais de son maître, l’a suivi à son insu, et panse les blessures qu’il a reçues dans le combat. Emeute sur le vaisseau ; l’équipage veut immoler Néodémie pour conjurer la tempête qui gronde. La foudre éclate et met le feu au bâtiment ; l’équipage oublie ses projets homicides sur la jeune chrétienne pour éteindre l’incendie. Tout s’apaise, la fureur des hommes, les flots de la mer, et le pilote crie terre ! Hélas ! nous ne pouvons pas dire comme lui Italiam ! Italiam ! car nous n’en avons pas encore fini avec ce terrible mélodrame.

A Rome comme à Carthage, Flavien se trouve entre Néodémie et Faustine, car Faustine, dès l’avènement des Gordiens, avait quitté l’Afrique pour trouver des partisans aux nouveaux empereurs dans la capitale du monde. Le peuple romain a salué du nom d’Auguste Maxime et Balbin ; mais il lui prend fantaisie de leur adjoindre le fils de Faustine, et Rome a trois empereurs. Scènes d’intérieur entre Flavien et Néodémie, à laquelle son maître a donné la liberté, et qui néanmoins continue d’habiter un de ses palais. Néodémie travaille peu à peu à la conversion de Flavien ; elle lui récite quelques psaumes de David. Flavien, quoique très sensible aux beautés de la poésie hébraïque, désirerait cependant que Néodémie lui parlât un autre langage ; il l’accable des protestations de son amour ; enfin il obtient de la conduire dans sa maison d’Albanum. Néodémie s’attendrit, et pendant trois jours nos amans s’occupèrent d’autre chose que des odes du prophète-roi. Cependant Faustine a tout appris. Elle sait que des liens indissolubles unissent Flavien et Néodémie ; elle n’épargne rien pour reconquérir le cœur de Flavien, et dans son désespoir elle lui fait une horrible révélation. Ce jeune Gordien dont il a été le constant protecteur, c’est son fils. Flavien ne se rappelle-t-il pas qu’il y a quatorze ans, dans le palais d’Héliogabale, dans une nuit d’orgie,