Page:Revue des Deux Mondes - 1841 - tome 27.djvu/747

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seraient acheminés avec indemnité et feuille de route, selon les besoins, dans les diverses localités, d’après le système qui préside aux mouvemens de l’armée ; enfin une direction éclairée par la connaissance complète des faits dominerait l’industrie comme elle domine la défense militaire, l’administration et les finances de la nation.

L’idée d’une direction générale émanant de ce grand centre a également inspiré l’auteur d’un travail spécial sur la misère des classes laborieuses en France et en Angleterre, et l’on va voir pa rles paroles suivantes où en sont aujourd’hui dans un grand nombre d’esprits les maximes sacramentelles du laissez-faire et du laissez-passer

« Le conseil régulateur de la production nationale devrait régler les rapports de la production et de la consommation étrangères ; il dirigerait par un comité les opérations du commerce et des douanes, et aurait ainsi connaissance du mouvement des produits étrangers dans nos ports et à nos frontières. Aucun produit ne pourrait entrer dans le pays sans être examiné ; toute denrée de production étrangère de mauvaise qualité ou falsifiée serait repoussée. Si l’étranger, pour obtenir le monopole d’un produit, abaissait ses prix au-dessous du prix de revient, afin de ruiner, par une concurrence déloyale les industries similaires de l’intérieur, le conseil ouvrirait aussitôt une enquête, et, si la fraude était prouvée, les produits surbaissés seraient repoussés du sol ou frappés d’un droit calculé de manière à les élever au prix de revient. Si dans une nation étrangère on trouvait le moyen, par une invention mécanique, d’obtenir à moitié meilleur marché un produit qui occupe un grand nombre de nationaux à sa fabrication, le conseil central de l’industrie avertirait de ce progrès les producteurs indigènes dès qu’il en aurait connaissance,e t en même temps il donnerait l’ordre à la frontière de soumettre ce produit à un prix plus élevé, afin d’éviter aux travailleurs indigènes la ruine subite qui les frapperait, si on lui laissait la libre entrée. Le droit serait progressivement abaissé tous les ans jusqu’à ce qu’il fût descendu à la taxe ordinaire. »

Nous pourrions multiplier à l’infini les citations, en les empruntant tour à tour aux ouvrages spéciaux, aux écrits périodiques et à la presse quotidienne. Elles constateraient la convergence de toutes les idées vers ce principe d’organisation si subitement adopté par les opinions révolutionnaires comme le plus impérieux besoin de la société moderne. Ces opinions continuent de maintenir et de défendre avec chaleur les résultats critiques sortis de la philosophie du