Page:Revue des Deux Mondes - 1841 - tome 27.djvu/882

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accueillis dans la patrie de Dante et de Machiavel. Sans vouloir exagérer les effets de cette réunion, il semble impossible qu’il n’en résulte pas un échange de lumières et de connaissances qu’on obtiendrait difficilement par d’autres moyens. On annonce, à cette occasion, une espèce d’apothéose de Galilée. Déjà, dans la première réunion qui avait eu lieu à Pise, on avait inauguré publiquement la statue de cet homme célèbre. Cette année, à ce qu’on assure, on se réunira dans une grande tribune construite exprès, et où l’on doit rassembler les manuscrits de Galilée, de Torricelli et de leurs principaux disciples, ainsi que les instrumens avec lesquels ces illustres physiciens renouvelèrent, au XVIIe siècle, en Toscane, la philosophie naturelle. En même temps on doit faire paraître une nouvelle édition des Essais de l’Académie del Cimento, accompagnés d’une histoire de cette fameuse société. Cet ouvrage, publié sous la direction de MM. Gazzeri et Antinor, physiciens distingués, sera donné en présent à tous les savans qui assisteront à la réunion, et servira à lier au nôtre le siècle de Galilée. Un tel hommage rendu aux hommes illustres qui ont honoré la Toscane, est bien fait pour exciter l’ardeur des jeunes qui interviendront à ce congrès, et qui, touchant de leurs propres mains la lunette de Galilée ou le baromètre de Torricelli, en présence des Amici, des Belli, des Marianini, des Melloni et des autres physiciens éminens que l’on espère voir assister au congrès, sentiront le besoin de redoubler d’efforts pour s’illustrer à leur tour. Si l’on parvient à exciter ainsi quelque émulation, quelque désir de gloire, on aura rendu un service inappréciable à l’Italie.

Il faut espérer aussi que par ces réunions on parviendra à diminuer et à éteindre peu à peu ces inimitiés municipales qui ont régné pendant tant d’années en Italie, et que, dans les derniers temps encore, quelques écrivains ont voulu ranimer. Heureusement ces tentatives n’ont pas eu d’écho, mais on ne comprend pas comment, après la publication d’une lettre de Monti, où ce poète célèbre avoue que c’est à l’instigation de l’Autriche qu’il a entrepris ce Projet de correction du vocabulaire de la Crusca, qui alluma la discorde entre les différentes provinces de l’Italie, il se trouve encore des gens qui de gaieté de cœur, et sans aucune suggestion étrangère, cherchent à faire revivre ces querelles. Ces entrevues fréquentes entre les savans Italiens contribueront sauts doute à resserrer les liens de tous les genres qui n’auraient jamais dû cesser de les unir entre eux.

Mais qui veut la fin veut les moyens, et si, comme nous devons le penser, ceux qui protègent les congrès scientifiques ont un but utile