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Du haut des nuages blancs,
Le seigneur du ciel envoya la pluie ;
Et plusieurs centaines de fils du démon
Furent ainsi exterminés.
La tête de l’un d’eux fut remplie de terreur,
Son nom était Bremer.
Remplis de crainte et le cœur leur manquant,
Ils s’enfuirent en courant et en abandonnant leurs vêtemens ;
Le peuple, plein d’un courage martial,
De toutes parts coupa leur retraite,
Et toute leur troupe fut balayée.
Les navires barbares se sont tous retirés
Bien loin en dehors de la gueule du Tigre (Bocca-Tigris).
La justice du ciel est lourde à supporter.
Dans ce temps le climat était pestilentiel,
Et ils moururent d’horribles maladies,
Suscitées par la colère des dieux.
Désormais la paix ne sera plus troublée, etc.

Voici comment le gouvernement envisageait la protection divine qu’il croyait reconnaître dans cette pluie qu’on lui représentait comme ayant éteint les flammes de l’incendie allumé par les barbares :

« Yischan et ses collègues ont envoyé leur rapport relatif à la capitale de la province de Canton, et nous ont fait connaître que la faveur des dieux s’est manifestée ; ils demandent que des tablettes en actions de graces leur soient offertes [1].

« Il est authentique, d’après ce rapport, qu’au moment où les barbares causaient du désordre, et, s’étant approchés des –murs de la ville, avaient ouvert leur feu contre le fort de Yuesew, la déesse Kwanyin manifesta son pouvoir divin à la vue de tout le peuple, en éteignant les flèches de feu de l’ennemi. — Une tempête de tonnerre et de pluie suivit immédiatement, terrassant et exterminant un grand nombre de Chinois traîtres et de bandits étrangers. — Les barbares furent accablés de terreur.

« Aujourd’hui, les désordres de l’Océan (l’attaque des navires) ont cessé, la ville est tranquille, le pays est gardé, et le peuple est protégé par l’influence de la déesse Kwanyin.

« Moi, l’empereur, je lève les yeux vers le ciel pour demander la faveur des dieux, et je suis rempli de la plus respectueuse reconnaissance. J’ordonne que des tablettes d’actions de graves, inscrites de ma propre main, soient envoyées à Yischan et à ses collègues ; qui les recevront respectueusement, et qu’elles

  1. On voit toujours au-dessus des autels chinois de longues bandes de papier ou tablettes sur lesquelles sont imprimés certains caractères.