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359. Avril 19. Finances. Commission du Luxembourg. Matériel 38,000
365. Février 29. Finances. Emprunt grec 522,019
369. Avril 22. Marine. Création d’un tribunal musulman à Saint—Louis Mémoire.
370. 29. Finances. Dépenses des forêts de la couronne 118,616
116. Mai 2. Finances. Restitutions d’amendes 1,077,000

Si le gouvernement provisoire faisait, en compensation, quelques économies insignifiantes, il désorganisait, dans le seul intérêt de sa popularité, témoin sa suppression des exercices en date du 25 mars, sur laquelle il a déjà fallu revenir, et son abolition de l’impôt du sel prononcé le 2 mai pour l’année 1849, il désorganisait, disons-nous, le revenu public. Le chemin sur lequel il a marché conduit droit à la banqueroute, et la circonspection des capitalistes a dû se mettre au niveau de son imprudence. Il a détruit, par ses projets sur les chemins de fer, le peu de confiance qui pouvait rester. Ces grandes entreprises se sont exécutées par le large concours des capitaux étrangers, et lorsque, sur la foi promise, ces capitaux se sont immobilisés sur notre sol, nous sommes peut-être à la veille de voir toutes les conventions violées pour satisfaire l’avidité des demandeurs de places de la révolution de février. Quand le crédit public est si audacieusement attaqué par ceux qui devraient en être les gardiens, il ne suffit pas, pour rappeler le crédit particulier, de demander confiance dans des proclamations, et la seule chose qui pût étonner, ce serait que l’industrie reprît ses travaux et la consommation son cours ordinaire. A qui profite un pareil système d’administration ? Quelles folles pensées cache-t-il ? Nous ne saurions le dire et nous frémirions peut-être de le deviner ; mais, s’il tend à réduire les ouvriers à l’atelier national pour toute ressource et au désespoir pour dernière issue, il atteindra infailliblement son but.

Enfin, ce qui tend surtout à faire de l’atelier national une plaie permanente, ce sont les habitudes et les désordres qui naissent inévitablement de la constitution qu’il a reçue. Si l’on n’y prend garde, aucun ouvrier sorti de ces écoles de paresse et de révolte ne sera plus admis dans aucun autre atelier. A Paris, pas plus qu’à Rouen et Lyon, on ne s’est mépris sur le véritable caractère des ateliers : nulle part ils n’ont été acceptés comme des lieux de travail ; si ce n’est que l’aumône y était déguisée, chacun y est venu comme à la porte des anciens couvens de l’Espagne, et ils n’ont, par le fait, introduit parmi nous qu’une nouvelle espèce de mendicité. Mettre cette vérité en relief par des calculs irrécusables aurait dû être le premier acte de la nouvelle administration des ateliers de terrasse de Paris. En rapprochant pour chacun d’entre eux le volume des terres remué des dépenses faites, on aurait fait rougir les ouvriers honnêtes qui ont eu le malheur d’y entrer et soulevé l’indignation de ceux que leur travail, leur prévoyance ou