Page:Revue des Deux Mondes - 1851 - tome 12.djvu/304

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dans l’île de Wight, où elle habite le château d’Osborne, près de Cowes. Elle est très aimée et fort popu)aire dans le pays; elle paraît se plaire beaucoup dans sa nouvelle habitation, où elle dépense chaque année d’assez fortes sommes en embellissemens. L’architecture italienne d’Osborne n’a rien de remarquable, et son parc est encore à créer; mais l’air y est excellent, et la vue magnifique. On y domine toute l’île, Ryde, Portsmouth, Southampton et le Solent, où croisent sans cesse d’innombrables bâtimens. La position d’Osborne rappelle beaucoup celle du château de Stolzenfels sur le Rhin. La reine a trois steamers, construits exprès pour elle. Après les régates de Cowes, auxquelles elle ne manque jamais d’assister, sa majesté va passer quelque temps à Balmoral, dans les montagnes de l’Ecosse; mais elle revient ensuite à Osborne, où, pendant son absence, les plus jeunes de ses enfans, qu’elle y laisse, se promènent chaque jour sur mer, à moins qu’il ne fasse trop mauvais temps.

On peut dire que la reine d’Angleterre a choisi pour son séjour de prédilection, et pour y élever sa famille, le lieu le plus maritime de toute la Grande-Bretagne : il n’en est pas un en effet, dans les trois royaumes, de plus à portée des établissemens de sa puissante armée navale. Plymouth et Falmouth ne sont pas éloignés d’Osborne, Portsmouth en est à une portée de canon ; mais ce qui donne à Cowes et à ses environs un cachet tout particulier, c’est le Royal-yacht-Squadron, fondé en 1812 dans cette ville par lord Belfast et lord Yarborough, qui en fut le premier commodore. On ne saurait imaginer l’activité qu’impriment à la navigation de plaisir les différens clubs de yachts qui existent en Angleterre, eu Ecosse et en Irlande. Au milieu de toutes ces réunions, c’est au club de Cowes que revient la palme; de l’élégance et de la mode; c’est, si j’ose m’exprimer ainsi, l’institution spéciale de l’île de Wight.

Le yachting, ou la navigation sur des bâtimens de plaisir, est un des sports nationaux de nos voisins, et ils y excellent comme dans le racing, c’est-à-dire dans les courses. L’élève des chevaux n’est pas l’objet de plus d’études et de soins en Angleterre que l’élève des bâtimens. Je fais usage ici d’une locution défectueuse, mais que m’autorisent à employer les efforts incessans du yachting people pour améliorer les conditions et accélérer l’allure de leurs cutters et de leurs schooners, auxquels des prix de vitesse sont aussi bien offerts d’ailleurs qu’aux pur-sang d’Epsom ou de Newmarket.

Nous avons cherché à nous approprier les procédés des Anglais pour perfectionner leurs races chevalines; c’est grâce aux encouragemens accordés sur nos hippodromes aux producteurs de race pure qui; nous devrons peut-être de voir s’ennoblir les chevaux de notre cavalerie : pourquoi ne songerait-on pas aussi à exciter l’émulation de nos