Page:Revue des Deux Mondes - 1853 - tome 3.djvu/207

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pendant. De toutes les combinaisons qui pouvaient être tentées, celle-là est sans doute la meilleure, parce qu’elle est la plus logique. N’y a-t-il point en effet les liens les plus étroits entre l’industrie, le commerce, l’agriculture et toutes les entreprises de travaux publics ? N’y a-t-il point un avantage réel à réunir ces intérêts divers, qui touchent au développement matériel du pays, pour les soumettre dans leur ensemble à une même direction, à une même impulsion ? Cette mesure se lie d’ailleurs à une mesure plus grave et d’un caractère politique qui n’est autre que la suppression du ministère de la police générale. C’est à l’intérieur qu’est rendue la direction de la police, comme elle lui appartenait autrefois. Aujourd’hui que l’inutilité du ministère de la police générale est reconnue par le gouvernement même qui l’a constitué, il est bien permis de croire que ce n’est là jamais qu’une institution transitoire. C’est un rouage qui risque souvent d’offrir moins d’avantages que de difficultés, ne fût-ce que par les conflits qui peuvent s’élever incessamment entre les fonctionnaires spéciaux de la police et les autres fonctionnaires administratifs, même assez fréquemment avec les autorités militaires. Nous ne parlons du reste ici que de ce genre de considérations. C’est une observation à faire. Depuis cinquante ans, dans notre histoire, le ministère de la police reparaît par intervalles : il a existé sous l’empire, il a existé même sous la restauration ; jamais il n’est parvenu à s’établir d’une manière permanente ; né dans certaines circonstances, il a disparu avec elles. À quel titre et à quelle condition la police pourrait-elle donc être une institution permanente ? À la condition qu’elle lui ce qu’elle n’a jamais été, ce qu’elle ne peut pas être, — une sorte de gouvernement supérieur embrassant la direction politique, la direction intellectuelle, la direction morale du pays. Mais alors c’est un gouvernement universel tenant dans sa dépendance tous les services, et comme ce gouvernement ne peut pas se réaliser, la police, constituée d’une manière indépendante, reste toujours ce qu’elle est, — une hiérarchie de surveillance, ayant à sa tête un ministre et finissant par un agent vulgaire souvent disposé à faire sentir l’action du pouvoir dans tous les détails de la vie des populations, — car, s’il est dans une localité où l’on ne conspire pas, il faut bien qu’il fasse quelque chose. Dans un temps normal, la police n’est qu’une partie de l’administration ordinaire. Observer l’état du pays, les courans de l’opinion, les besoins et les vœux des populations, n’est-ce point la mission de toutes les autorités administratives ? Dès lors un ministère spécial n’est plus qu’une superfétation inutile.

Quant au décret qui règle l’état des princes de la famille impériale, il suffira de dire que, s’inspirant du décret de 1806, il constitue l’autorité de l’empereur sur sa famille ; il donne au chef de l’état un droit souverain qui s’étend à tous les actes de l’existence des princes, lesquels ne peuvent s’éloigner de Paris ou de la France sans un congé de l’empereur, et sont même soumis, au besoin, à une hiérarchie de punitions allant des arrêts à l’exil. Des diverses mesures récentes dont nous parlions, une des plus importantes, à un autre point de vue, est celle qui a trait aux décorations, soit nationales, soit étrangères. Il ne faut point certes se plaindre des garanties plus rigoureuses qui peuvent être imposées à ce sujet. Rien n’est plus fait pour ôter de leur valeur à ces distinctions que la profusion avec laquelle elles étaient distribuées,