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LE CONSULAT, L'EMPIRE


ET LEURS HISTORIENS.




PREMIERE PARTIE.


LE CONSULAT.




I. Histoire du Consulat et de l’Empire, par M. Thiers. — II. Histoire des Cabinets de l’Europe pendant le Consulat et l’Empire, par M. Armand Lefebvre, — III. Histoire de France depuis le 18 Brumaire, par M. Bignon. — IV. Mémoires et Correspondance du roi Joseph.




S’il n’est pas dans l’histoire de physionomie plus éclatante que celle de l’empereur Napoléon, il n’en est pas qu’il soit plus difficile de ramener à un type précis et de caractériser nettement. Son œuvre se présente aux phases successives de sa vie sous des aspects différens, pour ne pas dire contraires, et l’unité manque à la gigantesque épopée durant laquelle le consulat s’inspira d’une pensée tout opposée à celle par laquelle vécut l’empire. Quelle opposition n’existe-t-il pas également entre le rôle historique de Napoléon et ce qu’il est permis d’appeler son rôle posthume ? Le conquérant qui épuisa de larmes les yeux des mères a vu, par un élan irrésistible et spontané, sortir son nom de tous les foyers, et c’est par la solennelle évocation du génie de la guerre qu’un peuple déshabitué des émotions belliqueuses a voulu conjurer les périls qu’il redoutait pour toutes les conquêtes et toutes les jouissances de la paix. Ce contraste rétrospectif vient s’ajouter à ceux qui s’accumulent dans une carrière dont les vicissitudes