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les a faites, se moulent avec une docilité merveilleuse sur les besoins et les ressources des lieux où elles vivent.

Deux sortes de circonstances influent sur la constitution d’une race, les conditions physiques ; comme la nature du sol et du climat, et les conditions économiques, comme l’état des capitaux et des débouchés. De là cette immense diversité, car les combinaisons possibles de ces deux grands élémens sont innombrables : — plaines et montagnes, rochers et marécages, terres granitiques, calcaires, argileuses ou siliceuses, soleil d’Andalousie ou de Norvège, climats excessifs ou tempérés, secs ou humides, variables ou constans. Et quand à cette multitude de régions naturelles que forment les différences de latitude, d’altitude, de composition géologique, viennent s’ajouter les différences non moins sensibles qui proviennent de l’histoire politique ; du développement de la population et de la culture, de l’état de la civilisation, on devine ce qui doit en résulter. Les conditions physiques agissent directement sur ce que, dans la langue scientifique ; on appelle l’offre, les conditions économiques sur ce qu’on appelle la demande, et de l’action réciproque de l’offre et de la demande, c’est-à-dire des ressources de la production et des besoins de la consommation, naissent les familles locales.

Mais si la nature des choses le veut ainsi, l’art de l’homme n’est pas désarmé. Il peut agir sur la demande par l’ouverture de nouveaux débouchés, il peut modifier l’offre par la création de nouveaux moyens de production, il peut enfin chercher les procédés les plus sûrs et les plus rapides pour proportionner la demande à l’offre ou l’offre à la demande. Tous ces effets se produisent d’eux-mêmes avec le temps ; mais l’homme peut les précipiter, les diriger, quand il sait bien se rendre compte du but qu’il veut atteindre et du chemin qu’il faut suivre pour y arriver. De là l’intérêt de ces concours et leur utilité réelle, bien qu’ils ne présentent pas toujours le tableau complet des faits existans. C’est moins ce qui est que ce qui peut et doit être qu’il s’agit de savoir. Parmi les innombrables espèces d’animaux domestiques répandues sur la surface de l’Europe, les trois quarts n’ont pas d’importance, en ce sens que, si elles sont aujourd’hui ce que veulent les circonstances locales, ces circonstances peuvent changer demain ; ce qui importe, ce sont les types supérieurs dans tous les genres, ceux dont, les autres doivent se rapprocher le plus possible, et ces types sont peu nombreux. La connaissance de tous n’est nécessaire que pour faire apprécier les difficultés de toute amélioration, la lutte du présent contre l’avenir et du fait contre l’idée. Sous ce point de vue, l’exposition était à peu près suffisante ; il n’y avait que peu de lacunes.

D’abord venait l’espèce bovine, représentée par 500 têtes, moitié