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LE PORTUGAL
À L’AVÉNEMENT
DE DOM PEDRO V.


Le Portugal, où l’on ne se serait guère avisé jusqu’ici d’aller chercher de pareils exemples, fait preuve depuis deux ans d’une remarquable aptitude constitutionnelle. La reine dona Maria II, en qui se résumait une lutte dynastique, est morte inopinément, avant la majorité de son héritier et dans des circonstances de nature à rendre doublement dangereuse la transition d’une régence. Elle est morte au lendemain d’une crise qu’on pouvait, à plus d’un égard, considérer comme une défaite pour la royauté, une sanction pour les espérances révolutionnaires, un conseil d’isolement ou, qui pis est, d’égoïste opposition pour le parti conservateur. Autre fatalité : cette royauté amoindrie, menacée, découverte, échéait en dépôt à un prince que sa qualité d’étranger désignait de longue date aux plus injustes préventions, que la dernière insurrection avait affecté de traiter personnellement en vaincu, et qui, trouvant aux affaires le ministère qu’elle avait plus ou moins directement produit, semblait placé dans l’alternative, ou d’ajouter à l’amoindrissement de la couronne en acceptant ce rôle de vaincu, ou de provoquer la lutte en cherchant une revanche dans les prérogatives de sa nouvelle position. Voilà les apparences, et voici maintenant les faits. Le Portugal n’aura jamais été aussi calme, son système politique n’aura jamais aussi régulièrement fonctionné que durant cette régence où toutes les éventualités mauvaises s’étaient donné rendez-vous. La faction miguéliste, perdant l’occasion suprême de protester, n’a pas même donné signe de