Page:Revue des Deux Mondes - 1858 - tome 17.djvu/631

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diminuent lorsque l’on considère le mouvement, et surtout lorsqu’on ne fait attention qu’à la recette ; toujours cependant la supériorité reste acquise à la troisième classe.

En laissant momentanément de côté les voyageurs à prix réduit, c’est-à-dire ceux des trains de plaisir, les enfans, les émigrans, etc., on voit que sur 100 voyageurs, 9,38 appartiennent à la première classe, 24,25 à la deuxième, et 66,47 à la troisième. Cette dernière comprend donc les deux tiers du nombre total des voyageurs, et ces moyennes, bien que relatives à 1854, peuvent être encore aujourd’hui considérées comme exactes. Ces résultats, il importe de le remarquer, sont obtenus sans qu’on tienne compte des chemins placés dans des conditions exceptionnelles, tels que ceux de Rhône et Loire et ceux de la banlieue parisienne, sur lesquels il n’existe que des places de deuxième classe. Les lignes du Havre et de Dieppe sont celles où la quantité des voyageurs de première classe est la plus grande, et le fait est attribué aux bains de mer ; cette quantité est plus faible sur les réseaux du Nord et de l’Est, malgré l’affluence des étrangers qu’amènent les pays limitrophes, et nonobstant le voisinage de la mer pour le premier de ces deux réseaux.

La proportion des voyageurs à prix réduit était seulement, en 1853, de 3 pour 100 dans le nombre total des voyageurs en chemins de fer comme.dans la recette. Tandis que le parcours moyen d’un voyageur à prix complet n’est que de 45 kilomètres, celui d’un voyageur à prix réduit est de 86 ; en 1854, les deux nombres étaient 54 et 94. À cette catégorie spéciale de voyageurs, dont le rôle est vraiment insignifiant, se rattache un détail pratique que je ne puis passer ici sous silence. Tant que l’administration n’avait pu imposer aux compagnies de chemins de fer le type de cahier des charges qui en régit actuellement la grande majorité et qui est destiné à les régir toutes, le transport des enfans, objet d’une regrettable lacune dans les concessions primitives, était une source de plaintes continuelles pour le public, par suite de l’arbitraire et de l’hétérogénéité des règles adoptées sur les diverses lignes. Aujourd’hui les enfans paient demi-place au-dessous de sept ans, et ne paient rien s’ils ont moins de trois ans : dans le premier cas seulement, ils ont droit à une place distincte, sans que deux enfans voyageant dans un même compartiment puissent occuper plus d’une place.

Il est curieux d’étudier, dans les Documens statistiques, l’influence que peuvent exercer les saisons, les jours, les circonstances atmosphériques sur les voyages en chemins de fer. On y voit que le semestre de novembre à avril ne correspond qu’à 41 pour 100 du mouvement général de notre réseau, tandis que le semestre de mai à octobre en comprend 59 pour 100 ; que la circulation publique, est