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LA PAPAUTÉ
ET
LE DROIT IMPERIAL EN ITALIE

Histoire de la Lutte des papes et des empereurs de la maison de Souabe, par M. C. de Cherrier, de l’Institut; 2e édition, revue et augmentée, 3 vol. in-8°, 1858.



L’attention publique est sans cesse ramenée sur la question italienne, même après les péripéties soudaines de la guerre et de la paix, par des incidens imprévus qui déroutent les combinaisons des politiques et les efforts des diplomates. Au fond, c’est le principe nouveau du droit populaire qui se met en lutte avec le vieux principe de la souveraineté traditionnelle, c’est la voix d’un peuple qui demande que ses vœux soient comptés pour quelque chose dans le règlement de ses propres destinées. La terre classique des bouleversemens et des convulsions intérieures veut enfin s’asseoir et se fixer, le pays qui s’est tenu si longtemps en dehors du mouvement politique européen réclame aujourd’hui sa place au conseil des nations. Une profonde incertitude règne encore sur la solution finale de la question italienne aussi bien que sur l’organisation future de la péninsule; mais cette incertitude même tient l’opinion dans une sympathique anxiété, car la France ne peut vouloir d’autre prix de ses sacrifices que le bonheur d’une alliée à qui elle se trouve unie par tant d’origines communes.

Un grand mot a été prononcé, celui de confédération italienne, et ce mot répond à un système déjà conçu ou adopté par quelques publicistes éminens de l’Italie moderne; mais, entièrement nouveau