Page:Revue des Deux Mondes - 1860 - tome 28.djvu/41

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rique qui se modifie à toute heure autour de nous : un air plus ou moins chargé, la chaleur et le froid, l’humidité ou la sécheresse, l’état électrique, toutes ces circonstances agissent sur notre santé, notre humeur, sur le développement de la nature animale et végétale. Un changement d’une fraction de degré dans la température moyenne de la surface terrestre serait un arrêt de mort pour des milliers d’êtres animés, et le malade est obligé d’aller de climats en climats chercher un air qui puisse soulager ses souffrances.

À l’aide de quels instrumens pouvons-nous scruter toutes les particularités du temps ? Il en faut bien peu : il suffit de mesurer le poids et la température de l’air, l’humidité qui s’y trouve, la direction et la force des vents, la quantité d’humidité qui se condense sous forme de pluie. L’instrument qui nous apprend quelle est la pression de l’air est, chacun le sait, le baromètre. C’est une balance d’une extrême délicatesse, où une colonne de mercure fait équilibre à la colonne aérienne qui se trouve au-dessus de nos têtes et comprime notre corps : elle nous révèle toutes les fluctuations de cette grande mer aérienne au sein de laquelle nous vivons. Les hommes peuvent exister sous des pressions atmosphériques très différentes ; ceux qui sont sur le bord des mers reçoivent tout le poids de l’atmosphère, ceux qui habitent les montagnes portent en moins le poids d’une colonne d’air égale en hauteur à l’élévation du point où ils se trouvent au-dessus du niveau général de l’Océan. L’organisation humaine paraît se prêter, sous ce rapport, à des circonstances notablement différentes : ainsi la ville de Mexico a 2, 277 mètres d’altitude ; Quito, dans l’Amérique du Sud, est à 2, 908 mètres au-dessus du niveau de la mer ; Puno, sur les bords du lac de Titicaca, n’a pas moins de 3, 912 mètres d’altitude : c’est à peu près l’élévation de l’Aiguille-du-Midi (3, 986 mètres) en Savoie. L’homme peut donc vivre dans des régions où le voyageur ressent d’ordinaire ce qu’on nomme le mal des montagnes : c’est une souffrance très vive, qui tient à la raréfaction de l’air, à l’abaissement de la température, et que M. Gay-Lussac éprouva dans sa fameuse ascension en ballon.

Il y a dans chaque point de la terre une pression barométrique normale qui dépend de l’altitude au-dessus du niveau général des eaux ; mais cette pression est soumise dans tous les lieux à de légères variations, parce que la mer atmosphérique qui passe au-dessus de nos têtes a ses flux et ses marées, et ne conserve pas constamment, à cause de sa nature aérienne et changeante, la même densité. Les hauteurs de la colonne mercurielle dans le tube barométrique se mesurent en millimètres et en dixièmes de millimètres, ainsi que l’on peut s’en assurer dans les tableaux que l’Observatoire a pris l’habitude de publier. L’évaluation de longueurs aussi faibles que des dixièmes de millimètres s’obtient à l’aide d’un petit instrument