Page:Revue des Deux Mondes - 1860 - tome 28.djvu/56

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aériennes sont les mers des Antilles, les parages de Madagascar et ceux des Philippines. Elles sévissent surtout dans chaque hémisphère après le solstice d’été, c’est-à-dire, dans notre hémisphère, du mois de juillet au mois d’octobre, et, dans l’hémisphère opposé, de janvier en avril. Dans l’Océan-Atlantique, elles sont le plus fréquentes pendant les mois d’août et de septembre ; dans l’Océan-Indien, en septembre, octobre et novembre, quand la mousson du sud-ouest est remplacée par celle du nord-est.

Le baromètre annonce toujours les tempêtes tournantes par un abaissement exceptionnel, et les indications qu’il fournit sont particulièrement sûres dans les mers torrides, où les typhons sévissent avec le plus de fureur, parce qu’entre les tropiques il se maintient à des hauteurs tellement constantes qu’une variation importante permet de prédire à coup sûr une catastrophe. La vitesse de translation de ces tempêtes n’est pas très considérable ; le centre du tourbillon ne parcourt que dix ou trente milles à l’heure : aussi, quand il traverse un continent, on peut aisément en suivre la marche et en annoncer l’arrivée par des dépêches télégraphiques. La force de ces ouragans est quelquefois terrible. En 1825, un rapport du général Baudrand constate que le vent enleva à la Guadeloupe trois pièces de 24 ; en 1837, pareille chose se renouvela sur les batteries de l’île danoise Saint-Thomas, l’une des Antilles ; la même tempête fit d’épouvantables brèches au fort construit à l’entrée du port ; une maison entièrement neuve fut arrachée à ses fondations. Sans remonter si loin, la tempête du 2 juin de l’année actuelle 1800 eut des effets semblables à Saint-Malo : la bourse en construction fut entièrement rasée, les charpentes et les murailles furent démolies, et il ne reste aujourd’hui que les fondations.

La question des tempêtes tournantes a été l’objet de remarquables travaux, dus principalement à M. Redfield, de New-York, qui a spécialement étudié la marche des ouragans qui balaient les côtes des États-Unis, et à sir William Reid, ancien gouverneur des îles Bermudes. Toutes leurs observations tendent à confirmer la justesse des inductions de M. Dove. Ils ont montré en outre que les tempêtes prennent naissance d’ordinaire dans la zone tropicale, commencent à se diriger dans la direction du sud-ouest au nord-est sur l’hémisphère boréal ; qu’aussitôt arrivées dans la zone tempérée, elles dévient et marchent du sud-ouest au nord-est en s’infléchissant ainsi presque à angle droit. Dans la zone tropicale, le tourbillon conserve partout le même diamètre ; dans la zone tempérée, il s’élargit de plus en plus à mesure qu’il arrive à des latitudes plus septentrionales. Ainsi les tempêtes de l’Atlantique ont pour point de départ les petites Antilles ; elles longent la ligne qui unit Porto-Rico à Haïti et Cuba, rasent la Floride, suivent les contours des États-Unis,